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  • Photo du rédacteurAPRLB

Quand le niveau du lac Bowker est haut, il faut agir !

Les fortes pluies de ce week-end rappellent à notre mémoire l’épisode de l’an dernier où plusieurs lacs de la région ont vu un niveau élevé rarement atteint.  Ce niveau élevé a apporté plusieurs inconvénients aux riverains du lac Bowker (terrain près du lac complétement imbibé d’eau, eau  au-dessus de certains quais et bateau amarré embarquant sur les quais lors de la circulation notamment de bateaux à vague) et encore plus majeur, une grande diminution de la qualité de l’eau du lac. 



En effet, nos premiers tests de l'an dernier (été 2023), soit de fin juin, ont présenté des taux de coliformes totaux et fécaux dépassant de façon spectaculaire les normes de consommation et même pour l’hygiène dans la section sud du lac dû à un écoulement exceptionnel de l’eau provenant des berges et des terrains et à son érosion.

 

Aussi, un appel à tous avait été lancé pour réduire au maximum la circulation de bateaux à moteur sur le lac où les vagues érodaient les berges.  Un appel suivi par un bon nombre, mais non par tous… malheureusement. 


Cet épisode a duré un certain temps, assez pour qu’on s’interroge dans les semaines suivantes sur le maintien du niveau très élevé du lac.  Il a donc été demandé qu’une inspection du barrage près de l’effluent que sont les étangs et marais du nord-est soit faite.  Le responsable des eaux de Valcourt et de l’usine de filtration du lac, monsieur Jean-Yves Bullier et un responsable de ministère (MELCCF), après analyse, ont conclu que le problème se trouvait en aval du barrage. Et en effet, il y avait une augmentation significative de barrages de castors dans les étangs et marais, donc la colonie était en pleine expansion, ce qui devenait problématique.  Comme ceci était en aval du barrage, la responsabilité incombait donc à la municipalité d’Orford et non au ministère responsable du barrage.


Cet hiver, avant la prochaine saison d’été, l’Association a déposé une demande en bonne et due forme pour que la municipalité agisse le plus rapidement possible afin d'assurer le bon fonctionnement du barrage. Ceci afin de mettre toutes les chances de notre côté afin de réduire un peu la pression sur le lac lors d'éventuels grands épisodes de pluies pour la saison 2024.


À la suite de notre démarche, ce printemps, des responsables de la MRC, de la ville d’Orford et du ministère sont venus sur place afin d’élaborer un plan d’actions que voici :



  1. Installation d’un repère pour suivre l’évolution du niveau d’eau de l'étang près du lac;

  2. Piégeage de la colonie de castors à chaque année lors de la période autorisé pour contrôler  la colonie (et non l’éradiquer);

  3. Création d’une brèche progressive dans les barrages de castors (la destruction n’étant pas recommandée par le ministère, et l’APELB en respect de la biodiversité est tout à fait d’accord). 


À noter que ce plan d’actions est mis en place de façon permanente. Est-ce que ce plan empêchera une problématique comme celle de l'an dernier ? Probablement pas, mais ceci aidera sûrement.


La faute des castors ?... Pas vraiment


En fait la prolifération des castors est directement liée au fait que ces derniers n’ont plus de prédateur (ou peu) dans nos régions habitées.  En effet, son prédateur étant le loup (très occasionnellement le coyote) ceci fait en sorte  qu’il peut se multiplier rapidement dans le sud du Québec.  L’homme doit donc se substituer à son prédateur. 


En fait une colonie de castors peut compter jusqu’à 14 individus.    Ces petites bêtes sont des pros de la construction et de l’ingénierie !  Vraiment.  Ils n’ont pas leur pareil pour créer des milieux humides.  Or on connait l’importance capitale des milieux humides car ces lieux captent comme aucun autre endroit le carbone. Souvent malheureusement mal aimés et malmenés par l’homme, les milieux humides abritent aussi toute une biodiversité, qu’on est tenté d’affirmer, plus grande que celle de nos bien-aimés lacs !  


Donc on ne jettera certainement pas la pierre aux castors, mais encore une fois on pourrait s’interroger nos façons d’occuper et de s’approprier le territoire, ce qui a un impact direct sur la faune et l’environnement.  Pour les amoureux de la nature, évidemment le piégeage de ces bêtes semblent une solution extrême.  Mais comme toujours, tout est une question d’équilibre. Et comme mentionné plus haut, l’homme doit ici se substituer au prédateur naturel.


Les meilleurs et les pires lacs du Québec !


Ce week-end comme à chaque début d’été, le Journal de Montréal présente un dossier sur les lacs.  Il y est recensé tous les lacs inscrits au Réseau de surveillance des lacs (RSVL) du Québec.  Ce recensement ne compte pas l’entièreté des lacs mais la grande majorité de ceux qui sont occupés par la villégiature et dont des associations bénévoles, comme notre association, font des prélèvements chaque été pour nourrir la banque de données de RSVL.  On y note qu’en Estrie, sur 48 lacs suivis, un seul est ultra oligotrophe (la meilleure cote si on peut dire) et c’est… le lac Bowker ! 


Vivre autour d’un lac, tout comme comment on y circule, vient avec des responsabilités si on veut garder cette cote, soit la plus haute.  Et c’est notre responsabilité à tous d'y voir notamment en suivant le code de vie


Pour les curieux, voici trois liens sur des articles extraits du dossier notamment, le premier est la carte interactive des lacs recensés par le Réseau de surveillance des lacs et les deux suivants sont des deux articles sur l'impact de la navigation.


 

En terminant, c’est le week-end prochain, que débutent nos tests sur la qualité de l’eau.  Nos deux embarcations sillonneront le lac pour prendre des échantillons du sud au nord.  Merci à nos bénévoles !

 

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